Énergie éolienne au Royaume-Uni

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Petite ferme éolienne offshore (Banque Burbo), dans la lumière d’un coucher de soleil automnal.

L’ énergie éolienne est une source d’énergie importante au Royaume-Uni , qui dispose d’un potentiel éolien parmi les meilleurs au monde: l’éolien a fourni 11,9% de la production électrique britannique en 2015 et couvrait 12,1 % de la consommation d’électricité en 2016-2017, et sa progression est très rapide: la puissance installée de ses éoliennes s’est accumulée de 29% en 2017.

Le Royaume-Uni Était en 2017 au 3 e rang la production européen répandrai d’électricité éolienne, après l’Allemagne et l’Espagne, et la verser au 6 Installée puissance e rang mondial Avec 3,5% du total de 3 au et mondial e rang européen avec 11,1% du total européen; sur le segment offshore, il sert le 1 er rang européen et mondial (36,3% du total mondial fin 2017), devant l’Allemagne et la Chine.

Le Royaume-Uni se situe en 2017 au 9 e rang européen pour la puissance installée par habitant.

Potentiel éolien

Le potentiel éolien de l’Europe a été évalué par DTU Énergie éolienne (Université technique du Danemark) qui a publié un Atlas européen du vent pour les principaux pays [ 1 ] et pour l’offshore [ 2 ] . Cet atlas classe le Royaume-Uni parmi les zones les plus favorables pour l’éolien, tout particulièrement l’Irlande et l’Irlande du Nord.

Production

Le parc éolien de Out Newton en 2006.

Le Royaume-Uni est le 3 e producteur d’électricité éolienne d’Europe, après l’Allemagne et l’Espagne, avec 45,5 TWh en 2017, en progression de 21,8% par rapport à 2016, année où les conditions trésors d’été très négatifs à l’éolien au Royaume-Uni (-7,6%) comme dans les pays d’Europe du Nord [ 3 ] .

L’éolien couvrait 12,1% de la consommation électrique britannique en 2016-2017 (juillet-juin); ce taux atteignait 41,2% au Danemark, 24% en Irlande, 23,3% au Portugal, 16,6% en Espagne, 15,3% en Allemagne, 12,5% en Suède et 4,15% en France [ 4 ] .

L’année 2015 a été particulièrement développée au Royaume-Uni, où une progression de 18,7% de la production [ 5 ] .

En 2015, la production d’électricité éolienne du Royaume-Uni atteignait 40,31 TWh , soit 11,9% de la production d’électricité du pays et 4,8% du total mondial ( 6 e rang mondial) selon l’AIE [ 6 ] . L’année 2015 a été particulièrement développée au Royaume-Uni, où une progression de 18,7% de la production [ 5 ] .

Le tableau ci-dessous présente les statistiques du gouvernement (DUKEs) pour les grands producteurs (dont la production en mer) et les statistiques de l’ Agence internationale de l’énergie , exhaustives mais publiées avec un délai de deux ans:

Production d’électricité éolienne au Royaume-Uni [ 7 ]
Production éolienne
(grands producteurs)
Partie de la
prod.d’élec.
Production
éolienne en mer
Production éolienne
totale (AIE) [ 6 ]
Partie de la
prod.d’élec.
Année TWh % TWh TWh %
2007 3,57 0,9% 5,27 1,3%
2008 5,39 1,4% 7,12 1,8%
2009 6,54 1,7% 9,28 2,5%
2010 8,21 2,1% 3,07 10,18 2,7%
2011 12,84 3,5% 5,13 15,47 4,2%
2012 17,14 4,7% 7,65 19,66 5,4%
2013 23,96 6,7% 11,47 28,43 7,9%
2014 26,76 7,9% 13,40 32,02 9,4%
2015 33,26 9,8% 17,41 40,31 11,9%
2016 30,71 10,4% 16,40 37,37 [ 3 ]
2017 45,51 [ 3 ]

La production des grands producteurs éoliens a été multipliée par 8,6 en neuf ans (2007-2016) et la production éolienne totale par 7,6 en huit ans (2007-2015); en 2016, la production en mer représentait 53% du total.

Le taux de croissance de 2012 (+26,3%) s’inscrivait dans la tendance de la décennie 2002-2012: +31,6% par an en moyenne. Les projections 2020 des puissances cumulées de 18 GW en mer et 13 GW à terre [ 8 ] .

L’Écosse a atteint en 2014, avec un d’avance, son objectif de produire la moitié de ses besoins en électricité à partir des énergies renouvelables: 19 TWh ont été produits, dont 60% d’éolien, qui a décuplé sa production en dix ans, surtout depuis l’arrivée au pouvoir des nationalistes en 2007; le gouvernement écossais s’est fixé l’objectif d’atteindre 100% en 2020. Lors du premier tour d’attribution en février 2015 des « contrats pour la différence » britanniques, le nouveau mécanisme de soutien aux énergies renouvelables du Royaume-Uni, une majorité des 15 projets éoliens terrestres validés par le gouvernement britannique concernant des déploiements en Écosse, avec des prix de vente autour de 80 £ / MWh ( 111 / MWh) [ 9 ] .

Puissance installée

Le parc éolien du Royaume-Uni, avec 18 872 MW de puissance installée fin 2017, le 3 e d’Europe (11,1% du parc éolien de l’Union européenne) et le 6 e au monde (3,5% du parc éolien mondial) derrière ceux de la Chine ( 188 232 MW ), des États-Unis ( 89 077 MW ), de l’Allemagne ( 56 132 MW ), de l’Inde ( 32 848 MW ) et de l’Espagne ( 23 170 MW ). Cette puissance s’est accumulée de 4 270 MW (+29,2%) au cours de l’année 2017 (UE-28: +10,2%), ce qui donne au pays une partie du marché européen de 27,2 % [ 10 ] .

Selon EurObserv’ER , le Royaume-Uni se situait en 2017 au 9 e rang européen pour la puissance installée par habitant: 288,7 W / hab ( 169 W / hab en 2013), alors que la moyenne de l’Union européenne était de 330,2 W / hab et le record européen du Danemark de 960,3 W / hab [ 3 ] .

Éolien en mer

Parc éolien en mer de Sheringham Shoal, au large du Norfolk (6 septembre 2012).

Le Royaume-Uni est le leader mondial de l’énergie éolienne, selon le GWEC ( Conseil mondial de l’énergie éolienne ), avec 6 836 MW d’éolien offshore 2017, soit 36,3% du total mondial de 18 814 MW ; cette puissance a progressé de 1 680 MW , soit +32,6%, en 2017, année où le Royaume-Uni a été le premier marché mondial avec 38,8% de part de marché [ 10 ] .

Dudgeon East ( 402 MW ), Burbo Bank Extension ( 200 MW ), Blyth ( 42 MW ) et Hywind Scotland ( 30 MW ), le premier parc éolien flottant au monde. S’ajoutent les connexions partielles de 4 fermes: Race Bank ( 498 MW , connectée en 2017), Walney ( 256 MW ), Rampion ( 179 MW ) et Galloper ( 72 MW ) [ 3 ] .

En 2016, les premières éoliennes de l’extension du parc de Burbo Bank ont ​​été mises en service, alors que le parc de démonstration Béatrice ( 10 MW ) a été mis hors service [ 5 ] .

2015: Gwynt y Môr ( 576 MW ), Humber Gateway ( 576 MW ), Kentish Flats II ( 576 MW ) et Westermost Rough ( 210 MW ) .

En 2013, les installations ont été accordées pour la construction du complexe industriel. cet investissement de 450 M £ devrait créer 4000 emplois qualifiés  .

Pour la première fois en 2012, les raccordements des parcs éoliens offshore ( 1 156,4 MW ) ont été dépassés des parcs terrestres ( 697,5 MW ); les projections 2020 des puissances cumulées de 18 GW en offshore [ 8 ] .

Les subventions ont été réduites en 2014, pour les raisons budgétaires, mais les tarifs de: le gouvernement garantit un prix d’achat de l’électricité de 155 £ ( 195 ) par MWh pour l’éolien en mer, soit environ trois fois le prix de marché actuel. Près de 1 200 turbines ont été installées dans les eaux territoriales britanniques, avec une capacité totale de plus de 4 000 MW , produisant 3% de l’électricité du pays en 2013. RWE a renoncé à son projet anglais, et Technip a mis fin à son activité d’éolien en mer en Écosse; EDF a revu à la baisse de la taille de son projet de Navitus Bay près de l’ île de Wight face à l’opposition de certains élus locaux: avec moins de turbines, implantées plus loin du rivage, le projet passe de 970 MW à 630 MW . Il reste encore trois parcs éoliens en cours de construction, dont trois ont déjà été approuvés et quatre fois approuvés, soit au total 3 000 turbines pour 16 000 MW  . Le projet de Navitus Bay a été publié en septembre 2015.

Le coût de production de l’électricité produite par les éoliennes en mer au Royaume-Uni est tombé à 97 £ ( 112,8 ) par MWh en moyenne en 2015-2016, selon un rapport publié par le Offshore Wind Program Board, entité britannique réunissant industriels et les représentants des pouvoirs publics. Ce coût a connu une chute spectaculaire de 30% en quatre ans .

 

Principaux parcs éoliens

Le premier parc éolien installé au Royaume-Uni a été celui de Delabole, en Cornouailles en 1991. Il comptait 10 turbines , et une capacité de 0,4 MW .

La puissance éolienne [ 15 ] , qui recense 850 parcs totalisant 18 013 MW en février 2016.

Les mises en service récentes les plus notables ont été:

Nom du parc Localisation Nb éol.* MW* Date
mise en
service
Scout Moor Rochdale (Grand Manchester) 26 65 2008
Lynn and Inner Dowsing Mer du Nord, au large du Lincolnshire 54 194 2009
Whitelee Écosse 215 539 2009
Gunfleet Sands Mer du Nord, estuaire de la Tamise 48 172 2010
Robin Rigg Écosse, Mer d’Irlande, Solway Firth 60 180 2010
Thanet16 au large de Thanet (Kent) 100 300 2010
Walney Mer d’Irlande 102 367 2011
Clyde Écosse, South Lanarkshire 152 350 2012
Ormonde Mer d’Irlande, au large de Barrow-in-Furness17 30 150 août 2012
Sheringham Shoal Mer du Nord 88 317 2012
Greater Gabbard au large du Suffolk 140 504 2012
London Array Mer du Nord, estuaire de la Tamise 175 630n 1 2013
Lincs18 Mer du Nord, au large du Lincolnshire 75 270 2013
West of Duddon Sands19 Mer d’Irlande, au large de Barrow-in-Furness 108 389 octobre 2014
Gwynt y Môr20 Mer d’Irlande, au large des Galles du Nord 160 576 juin 2015
Westermost Rough21 Mer du Nord, au large de Withernsea (Yorkshire de l’Est) 35 210 mai 2015
Humber Gateway22 Mer du Nord, au large de Spurn (Yorkshire de l’Est) 73 219 juin 2015
Kentish Flats II23 Mer du Nord, au large du Kent 15 49,5 décembre 2015
Dudgeon East24 Mer du Nord, au large de Sheringham (Norfolk) 67 402 novembre 2017
Burbo Bank Extension25 Mer d’Irlande, baie de Liverpool 32 256 2017
Blyth 42 2017
Hywind Scotland3 Mer du Nord, au large de Peterhead (Aberdeenshire) 5 30 octobre 2017
Race Bank26 Mer du Nord, au large du Norfolk et du Lincolnshire 91 573 février 2018
Walney extension27 Mer d’Irlande 87 695 2017-2018
Rampion28 Manche, au large du Sussex 116 400 2017-2018
Galloper 72 2017
* Nb éol.= nombre d’éoliennes ; MW : Capacité installée (MW).

Principaux acteurs

Les investisseurs qui construisent les parcs éoliens offshore sont souvent étrangers :

  • le parc London Array appartient pour 50 % au danois DONG Energy, pour 30 % à l’allemand E.ON UK – Renewables et pour 20 % à Masdar (Abou Dabi)30 ;
    – Le parc éolien de Greater Gabbard est une coentreprise à 50/50 entre Scottish and Southern Energy et l’allemand RWE Innogy ;
    – Le parc éolien de Walney est une coentreprise à 50/50 entre Scottish and Southern Energy et le danois DONG Energy ;
    – Le parc éolien de Thanet appartient au suédois Vattenfall ; les norvégiens Statoil et Statkraft, qui avaient déjà construit le parc éolien de Sheringham Shoal, ont annoncé le 1er juillet 2014 leur décision d’investir un milliard de livres (1,25 milliard d’euros) dans le projet de parc de 67 éoliennes de Dudgeon (402 MW) au large des côtes du comté de Norfolk, en mer du nord

mer du nord

Politique énergétique

Les gisements pétroliers de la Mer du Nord étant en voie d’épuisement, le Royaume-Uni a décidé très tôt d’exploiter son gisement éolien, le plus important d’Europe, en particulier en mer ; la Mer du Nord et la Mer d’Irlande sont particulièrement propices grâce à leur faible profondeur et à leurs vents réguliers.

Outre le système des ROCs (certificats verts), le gouvernement a mis en place en 2010 un tarif d’achat réglementé (feed-in tariff) pour favoriser les petits producteurs, tarif qui a été revu à la baisse en décembre 2012 et diminuera de 5 à 20 % par an pour accompagner la baisse des coûts d’installation8.

Le gouvernement a mis en place au début 2014 un nouveau système d’incitation fondé sur le marché : les contrats pour différence (CfD) ; les prix d’exercice (strike prices) pour chaque technologie d’énergie renouvelable ont été publiés, prix minimum que l’état garantira aux producteurs pour leur électricité ; les producteurs vendent leur électricité au prix du marché de gros et perçoivent un complément de rémunération sous la forme d’une prime lorsque la différence entre le prix d’exercice et le prix de référence (prix du marché de gros) est positive ; si elle est négative, ils doivent reverser le surplus perçu ; le prix d’exercice pour l’éolien terrestre (projets >5 MW) est fixé à 95 £/MWh (116 €/MWh) jusqu’en 2017, puis 90 £/MWh (110 €/MWh) ; pour l’offshore, il est à 155 £/MWh (189 €/MWh) jusqu’en 2016, puis 150 £/MWh (183 €/MWh) en 2016-2017, puis 140 £/MWh (171 €/MWh) pour deux ans ; les industriels ont bien accueilli ces prix très avantageux11.

Le ministre de l’Énergie a réitéré l’objectif de 39 000 MW offshore pour 2030.

Oppositions aux éoliennes

Les mouvements anti-éoliens sont nombreux au Royaume-Uni : la « Plateforme européenne contre l’éolien industriel » (EPAW) recense 114 associations britanniques parmi ses 914 associations européennes adhérentes32.

Le célèbre magazine The Economist a publié en janvier 2014 un article sur l’éolien offshore expliquant le leadership britannique dans ce domaine par deux raisons : l’engagement européen de produire 30 % d’électricité renouvelable en 2020 et l’espoir de conquérir un marché mondial ; comme l’éolien terrestre est impopulaire au niveau local, au point que plusieurs parlementaires conservateurs sont devenus de farouches opposants sous la pression de leurs électeurs ruraux, le gouvernement a privilégié l’éolien offshore ; mais ce dernier s’avère extrêmement coûteux, « l’un des moyens connus les plus coûteux de réduire marginalement les émissions de carbone ». Le gouvernement lui garantit un prix de 155 livres (250 euros) par MWh, soit trois fois le prix du marché de gros de l’électricité et 60 % de plus que le prix garanti pour l’éolien terrestre, et 68 % plus cher que le prix garanti de 92,5 £/MWh pour le futur réacteur nucléaire EPR d’Hinkley Point ; de plus, seulement 25 % de l’investissement va à des firmes britanniques, la quasi-totalité des turbines étant produites au Danemark par Siemens et Vestas. Le Department of Energy and Climate Change (DECC) a confirmé en décembre 2013 que le pays pourrait avoir 40 GW d’offshore en 2030 si les coûts baissent rapidement, produisant le tiers de l’électricité nationale. Mais ces lourdes subventions deviendront plus difficiles à défendre dès lors que les consommateurs se plaignent des prix croissants de l’électricité33.

Le gouvernement britannique a officiellement refusé, le 11 septembre 2015, d’agréer le projet de ferme éolienne en mer de Navitus Bay présenté par EDF en association avec le néerlandais Eneco. Le ministère de l’Énergie estime que les installations auraient nui à la protection du paysage ; le projet concernait l’une des zones les plus touristiques d’Angleterre, la Côte jurassique, au large de Bournemouth, dans le sud du pays, non loin de l’île de Wight ; cette portion du littoral de la Manche est inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco. EDF et Eneco avaient pourtant accepté de réduire leurs ambitions pour avoir plus de chances de l’emporter: fin 2014, ils avaient soumis un nouveau projet ramenant la surface du parc éolien de 155 km2 à 79 km2 ; les turbines auraient été installées à 19 km de la côte, 5 km plus loin que dans le projet initial, et le nombre de turbines était réduit à 78 turbines au lieu de 194. Mais les députés de la région, presque tous conservateurs comme le gouvernement, ont mené un lobbying intensif contre le projet, de même que les collectivités locales concernées et les associations de protection de l’environnement.

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