Le gazole, gasoil, gas-oil, diesel, diésel

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Gazole
Identification
N o CAS 68476-34-6
N o Einecs 270-676-1
Apparence liquide incolore à jaune
Propriétés physiques
T ° ébullition 170 à 390 ° C
Solubilité insoluble dans l’eau
Masse volumique 820 à 860 kg · m -3 à 15 ° C
T ° d’auto-inflammation 220 ° C
Point d’éclair > 55 ° C ISO 2719 (contient l’essence en hiver, donc le point d’éclair est plus bas)
Limites d’explosivité dans l’air inférieure: 0,6 % vol
supérieure: 6,5 % vol
Pression de vapeur saturante 1 mbar à 20 ° C
Viscosité dynamique 32,6 SUS – 40,1 SUS (à 37,7 ° C )
Précautions
SGH
SGH08: Sensibilisant, mutagène, cancérogène, reprotoxique
Attention

H351,

Directive 67/548 / CEE
Nocif
Xn

 

Phrases R : 40,

 

Phrases S : 36/37,
Transport
 

30
1202

 


Unités du SI et CNTP , sauf indication contraire.

gazole

Le gazole, gasoil, gas-oil, diesel, ou encore diésel (orthographe rectifiée de 1990), est un carburant pour moteur à allumage par compression (moteur Diesel). Physiquement, c’est un fioul léger et, réglementairement, un carburant (norme fiscale) issu du raffinage du pétrole.

Gros émetteur d’oxydes d’azote et de particules fines nocives pour le système respiratoire4, le gazole est fortement taxé au Danemark et en Suisse, vendu plus cher que l’essence aux États-Unis mais encore très utilisé en France où il est moins cher et moins taxé que l’essence.

Terminologie

Le mot « gazole » est issu du mot anglais « gasoil » (fioul, mazout). Ce terme est surtout utilisé en France ; c’est le seul qui figure dans la base de données FranceTerme pour désigner ce carburant. Cette recommandation distingue ainsi le carburant (le gazole) du système de motorisation, le moteur Diesel (de Rudolf Diesel, son inventeur), qui fonctionne habituellement avec ce carburant. La législation française utilise également le terme « gazole ». Les mots « gazole » et « diesel » sont utilisés dans le langage courant.

Dans d’autres pays, comme la Belgique et le Canada, le produit est connu avant tout sous l’appellation « diesel » ou « carburant diesel ». Le terme « carburant diesel », normalisé par l’Office québécois de la langue française en août 1982, est recommandé par le Grand dictionnaire terminologique.

En Suisse romande, diesel est le terme le plus fréquent ; gazole est aussi parfois utilisé.

Utilisation

Au Canada, le carburant pour moteur Diesel est séparé en deux catégories :

le carburant diesel saisonnier « type B » d’usage général ;
le carburant diesel léger « type A » d’usage particulier.

Durant plusieurs décennies, le gazole canadien était aussi défini par sa teneur en molécules sulfurées ; on parlait alors « d’ordinaire », de « faible teneur en soufre » et de « très faible teneur en soufre ». Le soufre permet de limiter l’accumulation de particules en suspension à l’arrivée dans le pot d’échappement. Néanmoins, dans la foulée des pressions environnementales, le gouvernement canadien restreint la vente de carburant à ceux à « très faible teneur en soufre » depuis septembre 2006. Effectivement, le soufre s’oxyde dans la chambre de combustion pour faire place au dioxyde de soufre, produit participant au brouillard urbain et à l’acidification des pluies. Les teneurs maximales en soufre ont considérablement baissé. En France, elle a été divisée par cinquante en quinze ans, passant de cinq-cents milligrammes par kilogramme en 1996 à trois-cent-cinquante en 2000 puis à cinquante en 2008 et enfin à dix milligrammes par kilogramme en 2009.

Autres formulations, biodiesel, bioéthanol, agridiesel

Lorsque le gazole est fabriqué sans pétrole ou avec une portion moindre de gazole pétrolier, on parle de biodiesel. Ce terme récent est contesté à cause de sa connotation environnementale plus ou moins usurpée. Ce terme recouvre deux carburants différents :

le gazole mélangé à des carburants d’origine végétale (biocarburant), qu’il s’agisse d’huiles ou de bioéthanol. L’appellation est dans ce cas usurpée car le pourcentage de carburant d’origine végétale est généralement faible (~ 10 %). Il s’agit de gazole oxygéné, terme plus correct mais peu utilisé dans le monde francophone ;
le carburant d’origine végétale utilisable par les moteurs Diesel. Généralement, de l’ester d’éthyle d’huile végétale (EEHV) ou de l’ester de méthyle d’huile végétale (EMHV). L’EEHV a l’avantage d’être productible à partir d’éthanol et d’huile végétale, soit des produits que l’on peut obtenir à 100 % à partir de l’agriculture.

Certains proposent le terme « agridiesel » mais cette nomenclature fait encore l’objet de discussions.

La masse volumique du gazole est d’environ 850 kg·m-3.

En France, il n’y a pas obligation d’utiliser du gazole dans les moteurs des engins agricoles ou de travaux publics. En général, le fioul domestique (FOD), cousin du gazole, est utilisé à la place. Depuis 2012, il est interdit d’utiliser du fioul dans les moteurs agricoles, le carburant à utiliser est le GNR (gasoil non routier) ce n’est plus une base fioul avec beaucoup de soufre, mais une base gasoil avec des huiles végétales ou des graisses animales. Ce nouveau carburant à un taux de cétane plus élevé, soit 56 contre un fioul à 40 ou 49. Ce carburant est moins polluant, mais plus fragile.

De même, les avions à moteur Diesel sont autorisés à utiliser du jet A1, un kérosène un peu plus léger que le fioul mais suffisamment gras pour ne pas gripper les pompes. En cas de crise majeure, les moteurs Diesel des véhicules militaires sont prévus pour l’usage du jet A1 (recommandation OTAN).

La langue anglaise ne possède qu’un seul terme, biofuel, qui peut être également retrouvé dans des textes francophones.

Plusieurs expressions concurrentes coexistent en langue française :

Biocarburant
L’expression « biocarburant » (formée du grec bios, vie, vivant et de « carburant ») indique que ce carburant est obtenu à partir de matière organique (biomasse), par opposition aux carburants issus de ressources fossiles. L’appellation « biocarburant » a été promue par les industriels de la filière6 et certains scientifiques. Biocarburant est la dénomination retenue en 2003 par le Parlement européen.

Agrocarburant
L’expression « agrocarburant » (du latin ager, le champ), plus récente (2004), indique que ce carburant est obtenu à partir de biomasse issue de l’agriculture. De facto, elle ne recouvre donc pas les biocarburants de 3e génération, et imparfaitement ceux de 2e génération. Elle est privilégiée par certains scientifiques, une partie de la classe politique française (à sensibilité écologiste) et des médias qui estiment que le préfixe « bio » est associé en France au mode de production de l’agriculture biologique et soupçonnent les industriels de la filière de profiter de l’image positive de celle-ci. Depuis le 17 mai 2013 c’est ce terme d’agrocarburant qui a été retenu par les parlementaires français pour transposer les différentes directives européennes.

En 2007, l’association Bio Suisse demande dans un communiqué de presse à l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) de modifier les textes de lois et l’usage en Suisse pour que ne soit plus utilisé que le terme agrocarburant. « Agrocarburant » est le plus souvent utilisé pour marquer la provenance agricole de ces produits, et la différence avec les produits issus de l’agriculture biologique.

Nécrocarburant
Certains courants écologistes recourent à l’expression « nécrocarburant » pour dénoncer les risques écologiques et sociaux posés par le développement des agrocarburants.

Carburant végétal
Cette expression est utilisée par l’Association pour le développement des carburants agricoles (ADECA), une association dédiée au développement de ce type de carburant.

Carburant vert
Dénomination appliquée parfois à des carburants contenant une fraction de biocarburant.

Inconvénients

Les gaz d’échappement des moteurs Diesel ont été classés cancérigènes par l’Organisation mondiale de la santé (voir la Liste des cancérogènes du groupe 1 du CIRC), associés au cancer du poumon et à celui de la vessie15.

En effet, ces gaz d’échappement contiennent des oxydes d’azote (NOx) et des particules fines. Jusqu’à la généralisation de la norme Euro 6b pour tous les véhicules immatriculés à partir du 1er septembre 2015, les émissions d’oxydes d’azote autorisées pour les véhicules Diesel étaient nettement plus élevées que celles autorisées pour les véhicules à essence. Depuis 2015, les maxima autorisés pour les deux types de motorisation sont proches (80 mg/km pour les véhicules Diesel et 60 mg/km pour les véhicules à essence), mais les émissions en conditions réelles d’utilisation restent beaucoup plus élevées pour les véhicules Diesel.

La situation est moins tranchée pour les particules fines, puisque les moteurs essence à injection directe sont aussi de gros émetteurs de ce type de polluants. La norme Euro 6b autorise un taux d’émission de particules fines analogue pour les moteurs à essence et Diesel si on les mesure en mg/km (4,5 mg/km contre 5 mg/km), mais elle autorise un nombre de particules 10 fois plus élevé pour les moteurs à essence (6 × 10 contre 6 × 10 /km). Des mesures effectuées sur une Renault Mégane 1.2 TCe, une Ford Focus 1.0 EcoBoost et une Hyundai i40 1.6 GDI ont montré que, bien que ces véhicules respectaient la norme applicable aux moteurs à essence, ils dépassaient celle applicable aux moteurs Diesel17. Il faudra attendre le 1er septembre 2018 pour que la norme Euro 6c impose aux véhicules essence à injection directe nouvellement immatriculés une limite d’émission de particules fines identique à celle appliquée aux véhicules Diesel immatriculés depuis 2011 (norme Euro 5).

Les particules fines sont aussi émises notamment par les pneus, les freins et les embrayages18, ainsi que par le chauffage au bois.

En France, en octobre 2015, Delphine Batho va mettre en œuvre une commission chargée de faire des propositions sur les moteurs au gazole. En effet, l’ex-ministre de l’écologie a été désignée comme rapporteur de cette commission. Les parlementaires ont décidé de se charger du dossier dans le cadre du traitement d’un sujet directement lié à la santé publique.

En octobre 2017, la hausse de la fiscalité du gazole est votée. Elle devrait avoir pour effet un alignement sur le prix de l’essence d’ici à 2021.
Usage

En France, l’usage du gazole est prépondérant sur les véhicules de tourisme par rapport à l’essence, contrairement aux Pays-Bas.
Circulation routière par type de véhicule en France (millions de véhicules-kilomètres) France Pays-Bas

Circulation routière par type de véhicule en France (millions de véhicules-kilomètres)
France Pays-Bas

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